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Dernière mise à jour le :
dimanche 27 avril 2008
16h50

 

REVUE DE PRESSE

FRANCE 3 Normandie 18/04/2008

La fin du centre d'Isigny-le-Buat ? (Sud Manche)

Le Conseil d'Etat annule l'arrêté préfectoral autorisant l'exploitation du CET d'Isigny.

Le Conseil d'Etat vient d'annuler l'arrêté préfectoral autorisant l'exploitation du Centre d'enfouissement technique d'Isigny-le-Buat dans la Manche. Il confirme ainsi l'arrêt de la cour administrative de Nantes, qui avait annulé la première autorisation préfectorale de septembre 1997. Ce qui n'a pas empêché le centre de fonctionner pendant 10 ans.

Et depuis toutes ces années, l'Association pour la sauvegarde du pays d'Isigny-le-Buat ne cesse de demander cette annulation, considérant que ce site fonctionne en toute illégalité. Mais pendant cette décennie, l'administration a toujours soutenu le point de vue de la SNN, la Société normande de nettoiement, propriétaire du centre d'enfouissement technique des ordures ménagères et des déchets ultimes, et fermé les yeux sur l'exploitation de la décharge. Précisons que le centre appartient au groupe Suez, multinationale qui détient aussi la Sirec, l'ex-société locale de retraitements de métaux, de l'ancien conseiller général maire Bernard Pinel. Et sans complexe, l'entreprise a déposé en 2006 une demande d'extension. Rien moins que le doublement de la surface !

Une association exemplaire

Cette décision du Conseil d'Etat est une grande victoire pour l'Association pour la sauvegarde du pays d'Isigny-le-Buat (Aspib), même si ses adhérents, pour l'essentiel des riverains, savent que la "poubelle est presque pleine". Le bien fondé de leurs arguments a été retenu, les motivations de l'industriel contestées et des dommages et intérêts leur sont accordés par le Conseil d'Etat. Car l'association a développé beaucoup d'énergie, de persévérance et de force de conviction, beaucoup de moyens aussi, bien que ce soit un combat à la David et Goliath, ses moyens étant infiniment moindres que ceux d'une multinationale. Pour autant, elle a gagné ce combat au bout de 10 ans.

Reste maintenant selon l'Aspib à l'administration à se montrer exemplaire dans cette affaire, car la décision d'interdire le centre d'enfouissement ne règle pas, paradoxalement, la question de son extension. L'association considère également que le conseil municipal, fort de ses engagements, doit lui aussi prendre le relais à présent.