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Dernière mise à jour le :
15 octobre 2005
21h50

 

NUISANCES ET RISQUES OBJECTIFS ASSOCIES A L'IMPLANTATION ET A L'EXPLOITATION
DES CET DIT DE CLASSE 2


Ces pages présentent un inventaire précis et détaillé des principales nuisances et des risques objectifs associés à l'exploitation des CET, tels qu'avérés et documentés par les particuliers, les riverains, les associations, la presse, les experts (indépendants) et les professionnels concernés.

Il va sans dire que pour les exploitants, les nuisances sont "acceptables" (mais par qui ?) et "bien en-dessous des normes en vigueur" (lorsqu'elles existent) ou qu'elles sont largement compensées par les "avantages en nature" offerts à la région, sinon aux riverains (pas de taxe d'enlèvement des déchets, création d'emplois, génération d'électricité..). Pour les risques, ils sont bien entendu "minimes", voire "inexistants", vu la haute technologie et les infinies précautions déployées. Une seule certitude: les nuisances et risques (s'ils en étaient) demeurent à l'extérieur du périmètre du CET, dans l'espace comme dans le temps...

La réalité est bien différente sur le plan pratique et humain. Jugez-en plutôt..:

Page 1/4 : Nuisances

Les nuisances

  • Pollution olfactive: les odeurs fortes, putrides, irritantes ou irrespirables générées par les fuites de biogaz (et aussi par leur combustion), avec des pics intolérables associés au vent (directions privilégiées, ou bien chutes prolongées), à la température, ou à certaines conditions saisonnières. Aux environs immédiats de certains CET (500m à 2.5km), les odeurs peuvent être tellement insupportables que les habitants en perdent le sommeil, se calfeutrent à l'intérieur de leurs maisons, tout en ayant renoncé une fois pour toutes à l'idée de profiter du dehors, de jardiner, ou de pouvoir jamais espérer prendre leur petit déjeuner ou manger sur leur terrasse avec des amis. A noter que la production de biogaz à partir d'une masse donnée s'étale sur un cycle de 40-50 ans, autant dire non pas une tranche, mais une moitié de vie humaine.
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  • Pollution mécanique: ballet aériens de sacs en plastique et nuages de poussières s'accumulant sur les cultures, les vergers, potagers, jardinets et propriétés individuels; boues liquides, lixiviats et détritus divers s'échappant des bennes de camions et se répandant sur les routes d'accès. A plusieurs kilomètres, on sait déjà vers quelle direction regarder pour trouver son chemin vers le CET. Les habitations les plus proches sont servies par les déjections de mouettes et goélands, et quotidiennement recouvertes d'une couche de fine poussière. Le trafic intense et incessant des camions (voir ci-dessous) provoque annuellement une dégradation substantielle des routes, à charge des communes de les entretenir (voire agrandir pour des questions de sécurité), au détriment des projets municipaux et d'intérêt social pour lesquels leur maigre budgets étaient normalement destinés.
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  • Pollution routière: trafic intense et continu de camions sur les petites départementales, mobilisant parfois la seule route d'accès aux villages et ralentissant le trafic normal des usagers et riverains sans possibilité de dépasser. Un site d'une capacité d'enfouissement de 70.000 tonnes par an représente le passage d'un camion toutes les 10 minutes (en comptant les camions quittant le site), huit heures par jour ouvrable, pendant 18 ou 20 ans.. Il s'agit d'un chiffre moyen: en pratique, on peut envisager aux heures pleines plus d'un passage par cinq minute. Il y a aussi les nocturnes et les spéciales. Ces estimations ne prennent pas en compte le trafic supplémentaire du à l'enlèvement régulier des stocks de lixiviats (200 tonnes/semaine), ni l'apport quotidien de fuel, de gravillons drainants de fond de casier, de terre pour la couverture journalière ou hebdomadaire (?) des fronts de décharge, également nécessaires au fonctionnement normal de l'exploitation*.
    Le projet de Meulles étant "multifilières" (gestion des inertes, des déchets verts et autres DIB), cela veut dire un trafic supplémentaire de camions pour amener ces composants.
    A cela il faut ajouter la pollution produite par les gaz d'échappement des camions (poussières d'émission diesel, monoxyde de carbone, hydrocarbures aromatiques polycycliques [HAP]..).

    Ainsi une région champêtre pittoresque, où les néo-ruraux comme les touristes d'Europe viennent rechercher cet oxygène salutaire, se transformerait en un complexe autoroutier enfumé. Une région maudite 24h/24, à traverser toutes vitres et prise d'air fermés sous les volutes de pots d'échappement, les effluves de poubelle, les nuages de poussière et les giclées de boues d'épuration, serré le plus souvent entre deux camions-bennes pressés, au comportement routier notoirement arrogant et dangereux.

    [*Note: en adoptant l'hypothèse (réglementaire) d'un besoin de couverture de 30cm et 50cm en fond et couverture (respectivement), l'estimation pour 10ha nécessite 80.000m3 de matériaux, soit un trafic de 5.333 camions de 10T/15m3.]
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  • Pollution sonore: liée au va-et-vient incessant des camions, incluant les inévitables "nocturnes", produisant sur une petite départementale autant de bruit qu'une nationale et un sifflement très perceptible parfois jusqu'à 2km. Sur le site: les bruits divers de déchargement, klaxons, signaux de manoeuvres de chantier, presse de mise en balles, compactages par les bulldozers à seulement quelques centaines de mètres de certaines maisons individuelles.
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  • Multiplication des prédateurs: prolifération d'espèces animales opportunistes telles que mouettes, goélands, corbeaux, corneilles, rapaces, rats, lapins, chiens errants, mouches, moustiques et autres insectes, attirés par la nourriture et la chaleur de fermentation du sol (35°C à 80°C); ils apportent déjections et fientes comme des risques d'épidémies et d'épizooties dans les villages avoisinants; ils détruisent les plantations environnantes à tout moment du cycle agricole (plantation, jeunes pousses, récolte). Les colonies d'oiseaux introduisent également des risques épidémiologiques graves pour la santé des enfants et des personnes fragiles, et les rongeurs de décharge sont porteurs de maladies transmissibles à l'homme (voir ci-dessous).
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  • Disparition de la flore naturelle: attaque des lisières aux essences sensibles (hêtres, résineux) et multiplication d'espèces "nitrophiles" telles qu'orties, ronces, armoises, bardanes, budleia, phytolacea, ormes et sureaux.
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  • Perte des labels-qualité et droits d'exploitation pour les agriculteurs: sans commentaires ! Les zones concernées par ledit label sont situées dans un rayon de 5km par rapport au site CET, voire dans un périmètre plus large comprenant les routes y accédant, celles-ci étant polluées par le passage des camions et leurs déjections inévitables (boues, déchets volants). On peut malheureusement imaginer une dégradation progressive de toute l'agriculture locale: parcelles avoisinantes laissées en friche, rachetées progressivement par l'exploitant de CET, abandon de certains types de cultures, désormais non homologuables ou non rentables (e.g. céréales pour consommation animale au lieu d'humaine initialement), abandon des exploitations agricoles.
    A la demande de l'exploitant, le Préfet n'hésite pas à prendre des arrêtés de servitudes publiques (zone des 200m, eau des puits etc..).
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  • Impact paysager: dégradation liée à la pollution mécanique, au trafic intense des camions sur les petites routes; mais aussi le spectacle hideux du monticule ("dôme" en jargon CET) avec ses torchères et son nuage de mouettes, visible à plusieurs kilomètres, sur une période que l'on peut estimer à au moins 100 ans. Ni les arbres, ni les arbustes, ni l'herbe verte ne pourront jamais y pousser. Pour les générations futures, le dôme se présentera comme une "montagne chauve", à l'apparence blanchâtre et répugnante. Bien que non surveillé, son accès en sera formellement interdit au promeneurs, à cause de l'instabilité du terrain et la toxicité des biogaz s'en échappant sur une durée de 50 ans.
    Pour la vallée de la Touques, cet imposant spectacle s'implanterait au coeur d'une région pittoresque et millénaire. Plus de quoi attirer les pêcheurs à la ligne, les cyclistes, les randonneurs, les adeptes de chambres d'hôte et gîtes de France, nombreux dans la région.
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  • Dévaluation des biens: la valeur de l'immobilier et des commerces chute de 30% à 50% dans un rayon d'au moins 10km: dans le premier cas (30%), confiance relative, mais pas beaucoup de preneurs pour subir les nuisances, surtout dans la zone des premiers 2.5km; dans le deuxième cas (50%), méfiance extrême due à des incidents répétés et à la dégradation visible de l'environnement. Cas extrême: 75-90% de dévaluation de l'immobilier, dû à l'apparition de premiers symptômes et pathologies, causant une réputation négative durable avant réhabilitation sur une période de 10-20 ans, voire davantage. Les études d'impact montrent que de façon générale, l'implantation d'un CET (comme d'un centre pénitentiaire ou d'un champ de tir militaire), on un effet géographique et économique sur le commerce et le résidentiel au moins deux fois plus important en négatif que celle de centres sportifs, universités, palais des congrès, bibliothèques ou espaces verts peuvent avoir en positif.
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  • Dévaluation de la personne: les nuisances ci-dessus, contre lesquelles les personnes isolées et sans défense ne peuvent rien, sinon que se résigner, induisent des sentiments variés de dégoût, de saleté, d'insalubrité, de honte, de perte d'estime de soi, de ridicule, de rage contenue, d'impuissance, de statut de victime, de renoncement à l'amélioration et la valorisation de son habitat (à quoi bon?), de perte d'identité locale (ne dites pas où on habite, les enfants non plus!), de perte d'intérêt pour la communauté (maudite) et son développement local, de rejet individuel, de trahison par la société et les élus, de prise de positions politiques extrêmes, de colères ouvertes ou rentrées, et enfin de PEUR pour la santé et l'avenir de sa famille.
    Ces différents facteurs psychologiques peuvent sans conteste affecter durablement la solidité des parents, du couple, et l'éducation des enfants. Plus grave, ils se combinent aux pathologies liés à l'exposition aux biogaz (voir ce thème), produisant d'autres formes de complications sérieuses d'ordre psychologique et psychosomatique.
    La réponse la plus élémentaire aux risques potentiels de dévaluation de la personne et de son immobilier (généralement tout ce qu'elle possède) est de "faire ses bagages", ce qui est attendu et encouragé par les protagonistes des CET: "si cela ne vous plaît pas, vous êtes toujours libres de partir ailleurs [de "dégager"?]. Ce phénomène d'émigration spontanée des personnes (qui en ont l'opportunité, le courage et les moyens) facilite non seulement l'implantation et l'acceptation locale du CET, mais aussi le rachat des parcelles, terrains et propriétés limitrophes à vil prix, en vue d'augmenter indéfiniment la capacité de l'exploitation et ses profits.
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  • Vous avez dit nuisances? QUI pourrait les trouver supportables voire négligeables, sinon ceux que cette question même gêne pour d'autres raisons inavouables, ou qui se sentent privilégiés de ne jamais avoir à les subir? Aux nymbistes* récalcitrants, il faudra faire appel au "sentiment citoyen", sur fond d'idéologie culpabilisante et d'invitation à l'auto-critique éco-citoyenne. A défaut, ils (agriculteurs, salariés, artisans, étudiants, enfants, retraités...) sont quand même toujours libres de dégager la place et de s'établir ailleurs; qu'ils partent ou qu'ils restent, que ces indésirables et indélicats ne viennent surtout pas parler de compensations...!
    * De l'anglais NIMBY Not in My Back Yard (Pas dans mon jardin).
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