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Dernière mise à jour le : vendredi 18 février 2005 21h50
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TECHNIQUES DE DESTRUCTION
| Cette page date de 2005. Une actualisation est en préparation |
LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS
Vous trouverez ci-dessous une liste d'alternatives au CSDU (parfois bonnes, parfois mauvaises, ou les deux)
- Au préalable et dans tous les cas : Le tri sélectif
Il s'imposera de plus en plus en préalable à tous les procédés.
C'est une des meilleures alternatives mais il ne se suffit pas à lui tout seul et implique des traitements de valorisation spécifiques. Il est important car il permet de réduire considérablement la quantité de déchets ultimes.
Le tri sélectif reste à développer et à faire appliquer en particulier pour les fermentescibles. Il permet ainsi de limiter, sans les empêcher, les pollutions dans les autres centres de traitement.
La directive européenne du 26 Avril 1999 concernant la mise en décharge des déchets prévoit des dispositions relatives à la réduction de la mise en décharge des déchets biodégradables.
On ne pourra mettre en décharge, au maximum que :
- en 2006 : 75% du poids des déchets biodégradables produits en 1995
- en 2009 : 50% d°
- en 2016 : 35% d°
- Traitement biologique : Le compostage
C'est un procédé de traitement aérobie (en présence d'oxygène).
Encore peu développé il se met progressivement en place dans les communes et permet la récupération avec valorisation des fermentescibles. Si vous habitez à la campagne, vous pouvez facilement le mettre en place dans un coin de votre jardin.
- Traitement biologique : La méthanisation
C'est un traitement par voie anaérobie (en l'absence d'oxygène) produisant du biogaz et un digestat.
Est-ce l'avenir? La méthanisation contrôlée transforme la décharge en un véritable réacteur biologique. Elle permet de récupérer presque tout le biogaz sous forme de chaleur ou d'électricité et surtout de stabiliser les déchets en moins de dix ans au lieu de vingt-cinq à quarante ans par l'enfouissement conventionnel." Ce gain de temps est capital du point de vue des coûts, l'exploitant étant tenu de surveiller le site d'enfouissement jusqu'à son retour à l'état naturel.
- Traitement thermique : L'usine d'incinération
Le procédé le plus utilisé. Elle est critiquée de par ses rejets toxiques: dioxines et molécules inconnues dues aux mélange des déchets (cancers suspects à proximité) et par l'absence de valorisation des déchets brûlés (mâchefers.)
Les usines d'incinération nouvelle génération filtrent les fumées et évitent les rejets toxiques. Mais ce sont de grosses installations pour gros tonnages.
L'incinération ne supprime pas les décharges puisque 30% du tonnage brûlé se retrouve sous forme de résidus qui vont être stockés en décharge (CDSU).
- Traitement thermique : Les fours à lits fluidisés.
Dans un four à lit fluidisé, la combustion a lieu au sein d'un mélange de déchets et de sables maintenu en suspension par de l'air injecté sous pression. Ce procédé nécessite un broyage préalable des déchets, avant enfournement. C'est une technologie à confirmer.
- Traitement thermique : La Thermolyse
La Thermolyse est un procédé de traitement thermique dans lequel les déchets ne sont pas brûlés mais chauffés à moyenne température ( 450 à 750 °c).
La chaleur et l'absence d'oxygène entraînent une décomposition des matières organiques en une fraction solide et une fraction gazeuse.
La thermolyse permet une valorisation des déchets en particulier sous forme énergétique (utilisation directe des gaz (bruts ou épurés), production de chaleur et/ou d'électricité) ou de carbone (utilisable en industrie). C'est un procédé nouveau à valider.
-----------------------------------------------------------------  PRÉCISIONS SUR LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS
L'INCINÉRATION.
Aujourd’hui, un peu plus de 11 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés, soit le tiers des déchets traités par le parc d’installations d’élimination français, sont traités dans 300 incinérateurs.
L’incinération est un mode de traitement qui permet :
- la réduction du volume des déchets entrants et conduit à une minéralisation de ces déchets (les mâchefers);
- la concentration des principaux polluants, présents dans les déchets entrants, dans les résidus d’épuration des fumées.
Ainsi, une tonne d’ordures ménagères incinérée conduit à la production d’environ 250 kg de mâchefers (MIOM), et une quantité de résidus d’épuration des fumées (REFIOM) comprise entre 30 et 50 kg, selon le type de système de traitement des fumées utilisé.
La réglementation impose la séparation des mâchefers et des REFIOM. Les mâchefers peuvent, sous certaines conditions, être valorisés en techniques routières. Les REFIOM, dont le potentiel polluant est élevé, doivent être éliminés dans des installations de stockage de déchets industriels spéciaux.
L'incinération des ordures ménagères génère des émissions polluantes comme des poussières, des métaux et des dioxines qu’il est nécessaire de maîtriser à l’aide d’un système de traitement des fumées. La réglementation en matière de limitation des rejets s’est progressivement renforcée ; elle est la même dans les différents pays de l’Union Européenne. Des actions sont nécessaires pour que les règles soient respectées par toutes les usines d’incinération.
L’incinération permet aussi de couvrir par la vente d’énergie une partie du coût de l’élimination des déchets. En effet, la chaleur dégagée par la combustion des ordures ménagères peut être récupérée sous forme de vapeur. Cette vapeur peut être utilisée pour alimenter un réseau de chauffage urbain, distribuée à des établissements publics ou des entreprises ou détendue dans un turboalternateur produisant de l’électricité. Une valorisation mixte chaleur/électricité peut également être mise en œuvre: c'est la cogénération.
Une priorité doit être accordée à la prévention de la production des déchets et à leur valorisation "matière". L’incinération, tout comme le stockage, ne doit s’adresser qu’aux déchets inévitables dans des conditions techniques et économiques raisonnables.
La modernisation du parc des incinérateurs a entraîné une forte diminution des émissions de dioxines des usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) : elles sont passées de 1,1 kg en 1995 à 220 g en 2002.
Les résultats des mesures de dioxines réalisées à l’émission des usines d’incinération d’ordures ménagères sont disponibles sur le site internet du ministère de l’écologie et du développement durable.
Une grande attention sera apportée au respect des échéances prévues par l’arrêté du 20 septembre 2002, qui transpose en droit français la nouvelle directive européenne sur l’incinération des déchets du 4 décembre 2000 : le résultat attendu est en effet de diviser par un facteur 10 les émissions de dioxines en 2006 par rapport au niveau d’émission déjà réduit de 2002.
LA THERMOLYSE.
La thermolyse Thide comporte quatre étapes principales :
- La préparation des déchets, constituée d'étapes de broyage, séchage et criblage, permet d'homogénéiser les déchets afin de faciliter les transferts mécanique et thermiques;
- La phase de thermolyse intervient dans un cylindre rotatif équipé d'une double enveloppe fixe en acier réfractaire dans laquelle circulent des fumées chaudes. L'intérieur du cylindre est ainsi porté à une température voisine de 500°c. Au cours de leur progression dans ce cylindre chaud, les déchets subissent une dégradation thermique qui conduit à la formation du gaz de Thermolyse et des solides carbonés. Constitué de gaz légers non condensables, de vapeurs lourdes type goudrons et de vapeur d'eau, le gaz est extrait du four en continu, dépoussiéré puis dirigé vers une chambre de combustion dans laquelle il est brûlé et produit les fumées chaudes (1100 °c) utilisées pour le chauffage du four.
- Traitement des solides carbonés : En sortie de four, les solides carbonés sont réceptionnés dans un bac mélangeur rempli d'eau pour y être refroidis. Des opérations mécaniques complémentaires permettent d'en séparer les fractions minérales inertes et les métaux, directement valorisables. Après cette séparation une étape de rinçage complémentaire permet d'éliminer le chlore initialement contenu dans les déchets et fixé sur la fraction solide lors de la réaction de thermolyse. Le produit final déchloruré, appelé Carbor ®, constitue une source d'énergie (PCI : +de 4000 kcal/kg) ou de Carbone utilisable par diverses industries.
- Valorisation énergétique : En fonction des débouchés locaux et de la composition des déchets, diverses options de valorisation énergétique sont possibles : utilisation directe des gaz (brut ou épuré), production de chaleur et/ou d'électricité
POINTS FORTS. (Selon la Sté Thide.)
Le procédé a été développé en employant des techniques connues et maîtrisées. L'innovation procède du choix et de la complémentarité des matériels utilisés.
L'emploi des fours tournant permet une parfaite homogénéisation des déchets et de meilleurs échanges thermiques. L'efficacité et la rapidité du traitement sont ainsi favorisées.
L'absence de combustion des déchets permet de réduire les volumes de fumées. Ils représentent la moitié du volume habituellement rejeté par les traitements thermiques classiques.
Le procédé a été spécialement développé pour traiter les moyennes capacités (20 à 60 000 tonnes/an).
Les résultats obtenus sur nos usines de Vernouillet et de Nakaminato, nous permettent de confirmer nos choix techniques d'origine.
Technologie modulaire basée sur l'emploi d'une ou plusieurs lignes de faibles capacités (2 à 4 t/heure). Ces lignes peuvent être installées progressivement afin d'éviter les « surdimensionnements ».
Chaque ligne est indépendante et peut fonctionner de 40 à 125 % de sa capacité nominale permettant ainsi d'optimiser la disponibilité globale de l'installation.
Le procédé est adapté à un large éventail de déchets aux PCI et aux caractéristiques physico-chimiques éloignées : OM, DIB, DIS, boues de STEP, etc.
Dans la gamme de températures atteintes par le procédé, il n'est pas nécessaire d'utiliser de réfractaires. Ainsi on limite l'inertie thermique, et les interventions de maintenance peuvent s'effectuer dans les 48 heures.
Selon les objectifs de valorisation retenus, il est possible de privilégier la production de l'un ou l'autre des combustibles - gaz ou carbor® - en faisant varier la température de traitement.
Le carbor® est stockable et transportable pour une utilisation différée dans le temps.
Le séchage permet d'éviter la présence de quantités importantes de vapeur d'eau pendant la phase de thermolyse et garantit ainsi une captation plus performante des polluants (HCl notamment). Le chlore, impliqué dans la formation des dioxines et furanes est piégé dans le lit carboné. Sa présence dans les fumées est donc limitée dès l'amont du traitement.
La thermolyse opère à 500°C. A cette température hormis quelques rares exceptions les métaux lourds ne sont pas volatilisés, ce qui facilité leur traitement.
En contrôlant les polluants en amont du traitement, les équipements de traitement de fumées peuvent être limités à une injection de charbon actif et un filtre à manches.
Le procédé génère moins de 2% de résidus de classe 1 (cas d'une combustion externe du Carbor).
Le volume de fumées est environ deux fois inférieur à celui d'un incinérateur de capacité équivalente. Dans le cas de l'incinération, il faut ajouter une grande quantité d'air pour obtenir une combustion satisfaisante des déchets…qui se retrouve bien sûr dans les fumées. Les normes de rejets étant exprimées en concentration, la quantité globale de polluants rejetés sera au minimum deux fois inférieure.
Voir le site de la société THIDE : www.thide.com
Arguments des opposants à la thermolyse :
la France ne dispose d'aucun site employant ce procédé sur une durée suffisante pour en apprécier les avantages et les risques. La thermolyse, utilisée en Allemagne au Japon et dans certains pays scandinaves, fait actuellement son entrée en France, notamment à Arras.
Elle produit des résidus gazeux ( mélange de méthane, d'hydrogène, de monoxyde de carbone et d'hydrocarbures gazeux divers : 200 à 300 kg par tonne de déchets traités), un solide appelé "coke" ou "charbon" (150 à 300 kg/tonne déchets) où se concentrent tous les métaux lourds, des résidus ultimes à mettre en décharge (100 kg/T déchets), des inertes formés de verre, de ferrailles, de gravats (200 kg/T déchets), et parfois des hydrocarbures ou goudrons (40 à 200 kg/T déchets).
Impact environnemental ? Deux fois moins de fumées toxiques que l'incinération, puisque la combustion s'effectue à l'abri de l'air. Mais les déchets toxiques passent dans le résidu solide, le " coke " ; c'est vrai, par exemple, du chlore générateur de dioxines. Et le coke issu de la thermolyse sera réutilisé comme combustible de substitution dans des installations publiques, dépourvues de filtres de fumées ; au lieu de se répandre autour de l'unité de traitement des déchets, la pollution atmosphérique est alors déplacée vers des lieux où sa présence n'est même pas suspectée. Bien sûr, avant usage le coke peut être lavé : il faut 500 l d'eau par tonne de déchets. Ainsi la pollution atmosphérique est diminuée mais les dioxines polluent le sol et les nappes phréatiques.
Ce procédé, qui nécessite de la chaleur, produit :
- Un gaz combustible (200 à 300 kg/T déchets) composé d'un mélange complexe d'hydrogène, de méthane, de monoxyde de carbone et d'hydrocarbures gazeux divers.
- Un solide appelé "coke" ou "charbon" (150 à 300 kg/tonne déchets) où se concentrent tous les métaux lourds.
- Parfois des hydrocarbures ou goudrons (40 à 200 kg/T déchets)
- Des résidus ultimes à mettre en décharge (100 kg/T déchets)
- Des inertes formés de de verre, de ferrailles, de gravats (200 kg/T déchets).
La gestion biologique des déchets ménagers : compostage et méthanisation.
Ce seraient de bonnes solutions mais....sont elles réalistes ? Le choix du traitement par méthanisation de la part fermentescible est une alternative intéressante à plus d’un titre et moins polluante que l’incinération, actuellement pratiquée dans la Nièvre. Il ne concerne toutefois que 15 à 25 % des ordures ménagères, et nécessite en outre un tri préalable efficace. Le reste doit être traité à son tour, pourquoi pas par vitrification !
Le compostage On distingue 2 types de compostage en fonction de l'habitat des ménages.
- Le compostage individuel concerne l'habitat pavillonnaire : distribution d'éco-composteurs pour fabriquer du compost qui pourra être utilisé dans le jardin.
- Le compostage collectif : il est basé sur la collecte sélective des bios déchets ainsi que sur l'apport des déchets verts ; il est réalisé à l'aide d'une plate-forme de compostage.
- Les déchets concernés : il s'agit de déchets fermentescibles qui comprennent les déchets de cuisine, les déchets verts mais aussi les papiers, les cartons et les textiles naturels souillés.
Quelles informations donner au consommateur pour qu'il soit prêt à trier ses déchets ? Il serait judicieux de présenter le tri et la collecte des bios déchets comme un service supplémentaire offert à domicile aux consommateurs et non comme une contrainte. Une sensibilisation habile doit être faite, en insistant sur les conséquences matérielles, environnementales et financières de la mise en place du système de tri et de collecte des bios déchets.
Conséquences matérielles : Ces déchets représenteraient un tiers du poids de nos poubelles, ce qui constitue un gisement important à exploiter. Or, pour que les installations mises en place fonctionnent efficacement, cela nécessite un tonnage minimum, d'où la nécessité de motiver la population à effectuer ce type de sélection.
Conséquences environnementales : - Le compostage des bios déchets est un mode de traitement respectueux de l'environnement à condition que des précautions sanitaires soient prises : il faut en particulier veiller à l'absence de déchets toxiques dans la Fraction Fermentescible des OM, et de métaux lourds dans les déchets verts.
Pour garantir l'innocuité du compost, il faut procéder, en amont, à la collecte des emballages, des DMS (Déchets Ménagers Spéciaux) et des DTQD (Déchets Toxiques en Quantités Dispersées).
- Le compost est un amendement organique qui permet de rendre au sol ce qui y a été puisé. Il faut privilégier le compost issu de la collecte sélective et non de la poubelle grise (OM non triées) : le compost sur ordures brutes peut présenter des risques de métaux lourds.
Le compost doit être un produit dont la qualité serait :
- définie par un cahier des charges rigoureux : composition du compost, absence d'odeurs,
- garantie par une norme.
Actuellement, la norme AFNOR NF U 41-051 est en cours de révision : elle définit le compost comme une matière fertilisante et support de cultures mais on n'est toujours pas arrivé à fixer des critères précis permettant de mieux apprécier l'efficacité agronomique ainsi que la sécurité sanitaire et environnementale du compost.
L'éco-Label-européen (1992) fixe un certain nombre de critères à remplir : origine du produit, aptitude à l'emploi c'est-à-dire à l'amendement des sols sans porter atteinte à l'environnement. Il peut servir de modèle de référence.
- Le compost destiné à l'épandage doit être adapté à chaque contexte local : Il devra prendre en compte :
- La production des déjections animales déjà existante, utilisée comme engrais de ferme ce qui pourra dans certaines régions agricoles limiter les surfaces disponibles pour l'épandage des composts.
- Les besoins en matière organique, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, afin d'adapter la production du compost aux caractéristiques des sols et des cultures.
- L'incinération des bios déchets n'est pas la solution à retenir. Ce sont des déchets à forte teneur en eau (20 à 80 %) d'où baisse du rendement car ils ont un faible pouvoir calorifique. Cette solution est plus coûteuse que le compostage des déchets verts et de la FFOM.
Conséquences financières : Le compost doit être une source de revenus dont les recettes permettront de stabiliser sinon de diminuer le coût de l'élimination des déchets. Un compost dont on peut garantir l'efficacité (valeur agronomique), l'innocuité, la qualité et la traçabilité trouvera des débouchés dans l'agriculture, la viticulture et le maraîchage.
Les collectivités peuvent également valoriser le compost en l'utilisant pour leurs espaces verts. A Niort, par exemple, le compostage simple revient à 250 F/ tonne et à 450 F / tonne avec méthanisation.
La méthanisation :
La méthanisation est un processus de décomposition des matières organiques en milieu anaérobie. Cette dégradation, qui s'effectue en plusieurs étapes à l'aide de bactéries spécifiques et dans des conditions, notamment de température, bien précises, s'accompagne d'une production de biogaz riche en méthane. Cette technologie constitue une filière possible et intéressante pour le traitement de la fraction biodégradable des déchets ménagers (déchets de cuisine et de jardin et papiers-cartons) dans la mesure où cette fraction représente 60 à 65 % du gisement.
Le processus de dégradation des déchets organiques permet :
- la production d'énergie sous forme de biogaz avec une teneur en méthane de 55 %,
- la production d'un amendement organique utilisable en agriculture.
Les nouvelles réglementations, les contraintes écologiques et les technologies disponibles incitent de plus en plus les collectivités locales à considérer la gestion des déchets dans le cadre d'une approche multi-filières.
Cette approche multi-filières consiste, dans la mesure du possible et compte tenu de considérations économiques, à mettre en oeuvre différentes techniques adaptées à la récupération et/ou au traitement des différentes fractions constitutives des déchets.
Ainsi voit-on se combiner de façon simultanée le recyclage de certains matériaux réintroduits dans les circuits industriels (verre, métaux, plastiques, une partie des papiers-cartons), le traitement biologique des fractions organiques (déchets de cuisine, déchets de jardin, papiers "souillés"), l'incinération des fractions combustibles (papiers et plastiques non recyclés), la mise en décharge des matériaux non valorisables ou des résidus ultimes des traitements précédents.
Cette approche multi-filières réserve donc tout naturellement une place importante au traitement biologique des fractions organiques, en considérant d'une part que ces fractions non stabilisées ne peuvent être dirigées directement en décharge, d'autre part que l'incinération de ces fractions organiques humides ne constituent ni un recyclage, ni une valorisation puisque la matière organique est détruite et que le rendement énergétique de la combustion est faible.
Le type de traitement ou de valorisation n'est pas indifférent du mode de collecte et le traitement biologique est d'autant plus intéressant que la matière organique trouve facilement des débouchés commerciaux (amendement pour l'agriculture) après traitement.
La mise en place d'une collecte sélective, aux endroits où cela est possible (en particulier habitats pavillonnaires, zones rurales), visant à séparer à la source les fractions organiques (poubelle " verte "), permet d'obtenir un produit à traiter quasiment dépourvu d'impuretés et donc un amendement, après traitement, stabilisé et de très haute qualité.
Lorsque les déchets sont collectés en vrac, la mise en place d'une chaîne de tri mécanique, en amont du traitement proprement dit, permet la séparation des fractions organiques des autres constituants.
Le traitement biologique des fractions organiques, en aval d'une collecte sélective ou en aval d'une collecte en vrac suivie d'un tri mécanique, peut s'effectuer par digestion anaérobie (fermentation en absence d'oxygène) appelée aussi méthanisation, ou par compostage aérobie, ou par méthanisation et compostage aérobie combinés.
La méthanisation (avec ou sans compostage) présente les avantages suivants par rapport au compostage seul :
- La fermentation anaérobie conduit à la production d'un gaz combustible riche en méthane, le biogaz. Il s'agit donc d'une technique permettant une production et une valorisation énergétique.
- la fermentation en absence d'oxygène a lieu dans des réservoirs fermés appelés digesteurs, qui assurent un confinement total des odeurs. Il faut noter que lors du processus de fermentation, les acides organiques volatiles malodorants sont des composés intermédiaires de la digestion anaérobie, qui sont naturellement transformés en biogaz dans les réactions biologiques, alors qu'ils se volatilisent et doivent obligatoirement être récupérés pour un traitement dans un biofiltre lors d'un compostage aérobie.
- l'occupation des surfaces au sol est faible.
La méthanisation des fractions organiques est normalement suivie d'une phase courte (environ deux semaines) de " stabilisation " qui complète l'hygiénisation de la matière digérée. Après cette stabilisation, le produit parfaitement mûr (degré 5 de la norme allemande LAGA M10) peut être stocké et commercialisé.
La méthanisation peut engendrer des jus excédentaires (la production de biogaz est le résultat de la transformation d'une partie de la matière sèche) qui peuvent être soit rejetés en station d'épuration, aux normes en vigueur, après un traitement sur site, soit évaporés biologiquement par compostage aérobie.
I - Le procédé. C'est une technologie performante de dépollution des déchets organiques. De plus elle produit un amendement organique permettant de lutter contre l'appauvrissement des sols et également une énergie renouvelable et locale -le biogaz- dont la valorisation participe efficacement à lutter contre l'accroissement des rejets de gaz à effet de serre
La méthanisation est utilisée depuis plus d'un siècle pour traiter les boues de stations d'épuration puis elle a été appliquée aux déjections d'élevage et aux effluents industriels organiques.
En 1980 sont apparus les premiers pilotes industriels capables de traiter des déchets organiques solides tels que les déchets ménagers et assimilés. Ce n'est pas tant la méthanisation des déchets qui souffre d'un manque de crédibilité que la gestion des déchets municipaux.
Le compost urbain issu des déchets bruts non triés impose son image négative au monde agricole qui doit faire face à une demande plus forte de qualité et de sécurité.
En 2000 on comptait en Europe 50 unités de méthanisation des déchets ménagers et industriels qui traitent 1,2 millions de tonnes par an. L'Allemagne en traite environ le tiers.
En premier ordre de grandeur on estime le gisement de déchets fermentescibles triés et récupérés de 100 à 150 kg par habitant et par an. Actuellement la méthanisation peut s'envisager pour des bassins de 50 000 habitants et plus.
II - Les déchets. Avec ce procédé, on peut valoriser :
- La fraction fermentescible des déchets ménagers qui comprend les bios déchets mais aussi les papiers et cartons qui sont aussi fermentescibles. C'est ainsi entre 50 et 60 % des déchets ménagers qui peuvent être traités.
- Les déchets verts issus des parcs et jardins privés et municipaux et les élagages finement broyés.
- Les déchets de l'industrie agroalimentaire.
- Les déchets de l'agriculture et de l'élevage (lisiers de porcs...).
- Les effluents de distillerie et de caves vinicoles.
- Certaines boues de station d'épuration.
III - Le tri des ordures ménagères.
Pour obtenir un compost de qualité, le tri en aval de la collecte est essentiel. Il suffit simplement pour les ménages d'avoir 3 poubelles :
1° une poubelle pour les fermentescibles, papiers et cartons
2° une poubelle pour les "secs" recyclables
3° une poubelle pour le "tout venant".
Avantages :
- On évite ainsi l'attaque des métaux par les matières organiques et la contamination du fermentescible.
- Les produits secs sont exempts d'humidité et seront mieux recyclés. Certains plastiques difficilement recyclables pourront être enfouis à l'abri des UV soit en décharge de classe 2 ou même enfouis dans des talus, murs antibruit, soubassement de routes...
IV - Le coût Le coût actuel selon l'AIE (Agence Internationale de l'Energie) se situe entre 50 et 70 €/ tonne. Ces prix intègrent l'investissement, l'exploitation, la valorisation des co-produits et l'évacuation des sous-produits.
Les investissements peuvent être réduits si on dispose déjà d'équipements existants : station d'épuration, plate-forme de compostage des déchets verts, réseau de chaleur, de gaz, installation de cogénération. L'optimisation économique du projet peut être recherchée sans augmenter le rayon de collecte des déchets grâce à la co-digestion avec des déchets agroalimentaires, de restauration, de marchés, de boues urbaines, de graisse, voire des déjections d'élevage.
Les coûts sont inférieurs à ceux de l'incinération (environ 90 €/ tonne).
V - Intérêt de la méthanisation par rapport au compostage et à l'incinération
- De meilleures garanties d'hygiénisation : la température est plus facile à contrôler et l'élimination des germes pathogènes en est facilitée.
- Un dégagement de CO2 relativement faible -environ 85 kg / tonne de fermentescible traitée- en comparaison du dégagement par un incinérateur (980 kg / tonne).
- Une absence de rejet de poussières et limitation des rejets d'aérosols et de gaz.
- Une meilleure dégradation des composés organiques volatils (COV) (réacteur fermé, seule la partie finale est susceptible de libérer des COV en quantité bien moindre que dans le compostage).
- Une absence de dégagement de fumées.
- Un remplacement d'une énergie fossile (le méthane formé se substitue à celui qui existe). De plus les usines sont de moyenne capacité donc les transports sont réduits, ne nécessitent pas d'eau, s'auto suffisent en énergie puisqu'elles produisent leur propre carburant. Car en plus de ces avantages, le biogaz ou méthane formé (180 kg/ tonne de fermentescible traitée) peut être transformé en énergie électrique par des moteurs à combustion interne.
On peut ainsi obtenir 567 kWh électriques et 400 kWh d'énergie thermique/ tonne de fermentescible traitée. La méthanisation reste actuellement le seul procédé qui permette de tirer parti du potentiel énergétique de la biomasse sans en diminuer le potentiel fertilisant. La matière organique rapidement biodégradable, potentiellement polluante, est convertie en gaz et seule la fraction stable est recyclée vers les sols contribuant à la formation d'humus. C'est un procédé moderne et écologique utilisé déjà dans plusieurs pays européens (Allemagne, Espagne...Voir les procédés VALORGA et IKOS par votre moteur de recherche habituel).
LES DIFFÉRENTS FINANCEMENTS
Il existe aujourd'hui 3 modes possibles de financement :
- La TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères). Créée par une loi de 1926, elle se calcule en fonction du revenu net cadastral (égal à la moitié de la valeur locative) et s'ajoute à la taxe foncière sur les propriétés bâties. La facturation et le recouvrement sont assurés par le Trésor public, qui en restitue le produit à la collectivité. Cette dernière dispose donc d'une recette garantie, c'est là d'ailleurs le principal argument mis en avant par les municipalités (ou groupements intercommunaux) qui font le choix de la taxe. La taxe, la plus répandue, n'en reste pas moins la plus injuste.
- La REOM (redevance d'enlèvement des ordures ménagères). Choix de Bienfaite. S'adressant à l'usager et non plus au contribuable, la redevance, instaurée par la loi de finances de 1974, introduit une logique de facturation en fonction de l'importance du service rendu. Tous les usagers du service public local de gestion de déchets y sont assujettis. Pour les particuliers, le mode de calcul le plus commun se fonde sur le nombre de personnes composant le foyer. La redevance est incontestablement plus équitable pour l'usager Elle permet de demander aux seuls usagers une cotisation représentative de l'importance du service rendu. Si la taille du foyer reste un indicateur grossier de la production de déchets, elle peut être précisée voire individualisée. Ce mode de facturation est recommandé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), car il est « à la fois plus conforme au principe pollueur-payeur et plus transparent quant au coût du service rendu ». Il peut également fonctionner comme « une incitation financière au tri des déchets valorisables ».
- Le budget général : Le coût du service est totalement couvert par le budget général. Certains font constater qu'avec l'évolution de la fiscalité des structures intercommunales, cela pourrait conduire, à terme, à faire financer ce service par la seule fiscalité des entreprises.
- La TGAP : Taxe générale sur les activités polluantes est applicable sur l'enfouissement des déchets. Cette taxe est majorée de 50% lorque les déchets reçus dans le centre d'enfouissement proviennent de l'extérieur du plan où se trouve le centre.
QUELQUES DEFINITIONS
Biogaz. Gaz malodorant, issu de la fermentation des déchets stockés et compactés. Il est composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone.
Lixiviats. Lorsque de l’eau pénètre dans des déchets stockés, elle lessive ces déchets et devient du « lixiviat ».
Vitrifiats. Solide obtenu par refroidissement d’un liquide surfondu, et pouvant contenir une proportion plus ou moins importante de phases cristallisées. La proportion entre phases vitreuses et phases cristallisées dépend de la composition et du mode de refroidissement du liquide ».
Effet de serre. Système naturel de piégeage de la chaleur de la Terre. Le rayonnement solaire, qui traverse l'atmosphère jusqu'à la surface de la Terre, est ensuite réfléchi par celle-ci. Certains gaz présents dans l'atmosphère absorbent ce rayonnement ascendant et le renvoient au sol, ce qui permet à la Terre d'avoir une température moyenne d'environ 15°C.
L'activité humaine contribue à l'accroissement de la teneur de ces gaz (dioxyde de carbone CO2, méthane CH4 et les chlorofluorocarbures CFC) dans l'atmosphère, ce qui fait augmenter la température de la Terre.
Lexique
ADEME Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie.
COV Composés organiques volatils.
CSDU centre de stockage des déchets ultimes. Peuvent être de classe 1, 2 ou 3
CET centre d'enfouissement technique. idem que CSDU.
DDAF Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt.
DDM Déchets dangeureux des ménages ou déchets ménagers spéciaux (DMS).
DIB déchets industriels banals. (peuvent êtres déversés en CSDU)
DIS déchets industriels spéciaux.
FFOM Fraction fermentescible des ordures ménagères.
HCI acide chloridrique.
ICPE Installation classée pour la protection de l'environnement.
OM ordures ménagères.
PAV Point d'apport volontaire.
REFIOM Résidus d’épuration des fumées.
SDAGE Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux.
STEP station d'épuration.
TEOM taxe d'enlèvement des ordures
UIOM Usine d’incinération d’ordures ménagères.
RÈGLEMENTATION
Plusieurs lois encadrent la collecte, le transport, l’incinération et le stockage des déchets,
voici les principaux textes en vigueur :
Loi n°75-633 du 15 juillet 1975 relative à l'élimination des déchets et à la récupération des matériaux.
Arrêté du 18 décembre 1992 relatif au stockage de certains déchets industriels spéciaux ultimes et stabilisés pour les installations nouvelles.
Circulaire du 9 mai 1994 relative à l'élimination des mâchefers d'incinération des résidus urbain.
Décret du 7 février 1996 relatif à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une exposition à l'amiante dans les immeubles bâtis.
Décret du 15 mai 1997 relatif à la classification des déchets dangereux.
Arrêté du 9 septembre 1997 relatif aux décharges existantes et aux nouvelles installations de stockage de déchets ménagers et assimilés.
Avis du 11 novembre 1997 relatif à la nomenclature des déchets.
Décret du 30 juillet 1998 relatif au transport par route, au négoce et au courtage de déchets.
Décret du 17 juin 1999 instituant une taxe générale sur les activités polluantes.
Arrêtés du 18/12/92, 16/03/93, 29/06/93, 18/02/94 :
Un déchet est considéré comme ultime lorsqu'il n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction du caractère polluant ou dangereux.
La loi du 13 Juillet 1992 a modifié la loi sur les déchets du 15 Juillet 1975 et impose qu'en Juillet 2002 seuls les déchets ultimes soient autorisés à être mis en décharge.
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